Chili2008

Introduction

C’est arrivé en début d’année, quelques temps après le retour de mes seins à taille «normale» après avoir arrêté l’allaitement, quelque part entre la fausse couche molaire et la surdité de Charles-Antoine. Une bosse donc, pas mal grosse, découverte sur le dessus de mon sein droit.

Profitant d’un rendez-vous de fiston chez le médecin, j’ai présenté la bosse à mon médecin. Elle l’a tâtée, a gardé son calme, a semé chez moi l’hypothèse d’une réaction hormonale à l’affreux anovulant prescrit par les gynécologues en résidence, puis m’a prescrit une échographie en posant LA question qui devient malheureusement courante : public ou privé?

Quelques semaines auparavant, nous n’avions pas hésité, mon chum et moi, à répondre privé puisqu’il s’agissait de l’ouïe de notre précieux ingénieur junior. Maintenant qu’il était question de moi et d’une bosse qui pouvait très bien être rien du tout, mes valeurs socio-démocrates ont pris le dessus. Erreur.

Six mois plus tard donc, la bosse menaçant de sortir de ma poitrine était devenue douloureuse. J’avais évidemment eu le temps de passer à travers tous les scénarios. À force d’entendre parler de «ma tumeur» par mon chéri qui est convaincu que je suis la pire hypocondriaque de la planète, j’en étais à croire que ce n’était qu’une bosse pas mal gossante. Mon chum excédé a pris rendez-vous au privé.

L’ironie de l’affaire c’est que j’ai été appelé une semaine plus tard par le public. Et que c’est le même radiologue qui dessert les deux systèmes… M’enfin. Ledit radiologue a été très calme et rassurant lui aussi mais m’a prescrit une biopsie pour la semaine suivante, question de savoir de quoi était faite c’est masse gigantesque (j’exagère, bien sûr, mais 5 cm c’est loin de la tête d’épingle).

On a donc biopsié la bête, on m’a placé des repères qu’on a ensuite localisés grâce à une mammographie. Je suis tombée dans les pommes à la mammographie, allez savoir, le stress j’imagine. J’ai texté mon chéri resté dans la salle d’attente, il m’a répondu «le prince Charles est gai». Eh ben.

Le radiologue m’a dit que les résultats arriveraient dans sept à dix jours (comme un test de perco, c’est malade!). Trois jours plus tard, mon médecin me convoquait d’urgence. Ce même médecin qui me terrorisait quand j’avais vingt ans m’a parue si fragile, si bouleversée. Bref, j’ai le cancer du sein.