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Malaise vagal

Il a déjà été établi que j’ai une mémoire éminemment sélective, mais il m’est impossible d’oublier que je suis sujette à des malaises vagaux, pour un oui, pour un non. Or, depuis les quelques dix mois que je fréquente activement les établissements de santé, je dois dire que j’ai été plutôt bonne.

Il y a bien eu les mammographies et la pose du harpon, auxquelles je n’ai pas réussi à «survivre». Mais, on me pique tellement souvent que j’en suis venue à être désensibilisée, j’imagine. J’avais tellement hâte de sortir de l’hôpital, l’autre jour, que mon cerveau n’a même pas noté que l’auto-injection d’antibiotiques trois fois par jour pendant deux semaines pourrait être un défi en soi.

Les premières injections ont assez bien été, quoique mon cœur battait la chamade. J’étais surtout ébranlée d’avoir à me lever à 5h30 et à me coucher à 22h30. À l’image de la femme enceinte à qui on annonce que les nuits de mille pipis la prépare aux nuits du nourrisson, on dirait que mon infection allait me préparer à retourner au boulot.

Lorsque, après quatre jour, une infirmière à déplacé mon cathéter, ça s’est corsé un peu. Arrivé le moment de mon injection, j’ai senti une brûlure dans mon bras, j’ai tout de suite appelé le numéro d’urgence. «Madame, vous allez devoir arrêter de me crier après» furent les paroles de mon interlocutrice, ça vous donne une idée de l’état de panique dans lequel j’étais.

Arrivée au CLSC, j’avais tellement pleuré qu’on me traitait vraiment comme une folle finie qui pense qu’elle va mourir à cause du microbulle dans sa tubulure… Comme on ne peut me piquer que dans le bras gauche, mastectomie et ablation des ganglions oblige, et que j’ai été piquée plus souvent qu’à mon tour dans les derniers jours, ça a été assez compliqué.

Faire du vélo avec une aiguille dans la main, c’est pas top intelligent. Je l’ai fait quand même, voulant à tout prix battre des records de transport actif vers l’hostile CHUS. Au fait, j’en suis à 83% vélo, pour votre info.

Dans la dernière semaine, mes chéris ont été malades. Puis, vendredi, ça m’a frappé à mon tour. Mal de gorge, malaises musculaires, fièvre, toux, je suis mal en point. J’imagine qu’on goûte aux joies du CPE. Donc, avec un mélange d’hypocondrie et de fatigue, ce matin, après mon injection d’antibiotique, je me suis claquée un beau malaise vagal de compétition.

Demain, on va m’enlever le cathéter, je vais pouvoir prendre une douche, fiou! Et si les astres s’alignent comme il faut, il se pourrait que j’aie mon dernier traitement de radiothérapie samedi, je vais pouvoir me frotter partout partout pour enlever les multiples lignes qui ornent mon torse (et les draps). Il ne restera ensuite que l’histoire du nouveau port-à-cath à régler.

Une réflexion au sujet de « Malaise vagal »

  1. On finit effectivement par se sentir comme une pelote à épingles. Bravo pour le transport actif. J’espère que les infections et les virus vont te laisser tranquille pour un temps.

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