Étoile

Se débattre avec le cancer

Le mois dernier, LeDevoir publiait une série d’article sur le cancer, incluant une réflexion de l’ami Dominic sur le vocabulaire et la symbolique entourant la maladie. C’était deux jours après que j’aie apris que le cancer était officiellement revenu dans ma vie. L’amoureux m’a pointé les gants de boxes, puis le mot « perdant ».

La nouvelle est tout de même venue avec un certain soulagement, venant expliquer l’incroyable malaise que je ressentais depuis un moment. Mon incapacité à courir normalement n’était pas simplement due à l’incroyable paresse qui a accompagné la canicule de cet été, fiou! Je peux limiter mes remords de ne pas avoir suivi mes belles résolutions post-burn-out et d’avoir priorisé le travail et le soin des autres au détriment de moi-même : l’ennemi a bel et bien envahi mon corps.

Je vous épargne les détails glauques de l’envahissement, c’est pas beau beau. L’oncologue croit néanmoins que la chimio réussira à chasser les masses et métastases, sans pouvoir toutefois anticiper à quel point et pour combien de temps. Excusez cette annonce brutale: je ne guérirai pas.

Une fois ce choc encaissé, il reste que je fais entièrement confiance à la médecine pour me garder hors du pétrin le plus longtemps possible et que, au final, ce qui importe dans l’immédiat c’est de vivre le présent avec mes proches. J’ignore si je poursuivrai la rédaction du blogue. Probablement, puisque cela me permet de ventiler (juste cette semaine, j’en aurais pour des pages et des pages…) mais surtout, parce que communiquer avec une personne à la fois demande beaucoup d’énergie.

Le projet de l’amoureux, c’est de nous faire inviter à souper par tout le monde et de maximiser nos interactions sociales. Une semaine sur trois, ce ne sera pas l’idéal, mais sinon, amenez votre pâté chinois quand vous voulez! (Sauf si vous êtes une Claudette que je ne connais pas, no offense). Un apéro, un après-midi play-date avec le fils : on est ouvert.

Parlons-en, du fils. Il vient à peine de rattraper son retard de langage et son vocabulaire est encore limité, mais il m’a sorti ceci, chez le dentiste l’autre matin, alors que je le pressais (non!) de peur d’être en retard à un rendez-vous important :

C         Dépêche-toi, maman a un rendez-vous elle aussi

C-A     Ah oui, où ça?

C         À l’hôpital

C-A     Pourquoi?

C         Je vais voir le médecin, je suis malade

C-A     Oh, je ne veux pas te perdre

« Te perdre », sacrament, il a pogné ça où? N’empêche, il n’est pas con ce fils, il comprend beaucoup de choses. Nous sommes évidemment à la recherche d’un support psychologique externe pour ce beau garçon, si vous avez des plogues ce serait apprécié car nos recherches ne sont pas fructueuses pour l’instant.

Je vous laisse avec une image de mon fiston chéri qui m’a inspiré le titre de ce billet. Entré de (ou à) la garderie, il secoue frénétiquement mains et pieds pour expulser mitaines et bottes. Il se débat contre l’usage des velcros? Je me débats contre des cellules anormales hostiles.

Bisous

2 réflexions au sujet de « Se débattre avec le cancer »

  1. J’ai beaucoup pensé à toi et ce matin je pleure. Je vous souhaite à toi, ton fils et ton amoureux, beaucoup de moments doux.

    Claudette

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